Une "candidature laïque" (L'Humanité)

Publié le par Karima Goulmamine

Présidentielle . L’ancien mufti de Marseille, Soheib Bencheikh, veut s’engager au nom de l’idéal républicain.
 
Intellectuel, théologien musulman, réputé pour ses prises de position en faveur d’une « adaptation » de l’islam à la laïcité, Soheib Bencheikh vient de déclarer son intention de se porter candidat à l’élection présidentielle de 2007. Ancien mufti de Marseille, membre fondateur du Conseil français du culte musulman, avec lequel il a pris ses distances, s’il veut prendre part à la campagne, c’est, nous explique-t-il, pour porter les couleurs de « l’idéal républicain », cet idéal « d’égalité, de fraternité, de laïcité, d’équité, de citoyenneté » qu’il juge aujourd’hui gravement menacé. Il aimerait affronter ces hommes politiques qui « jouent sur la peur ».
À l’image du « haineux » de Villiers et de « l’opportuniste » Sarkozy dont il dénonce le double jeu : le ministre de l’Intérieur « met en exergue les courants les plus radicaux des musulmans, banalise leur présence dans le paysage politico-religieux de la France » et « profite de la peur suscitée par cette même présence dans l’extrême droite, voire la droite classique ». Un Sarkozy dont il pourfend la loi sur « l’immigration choisie » qui, en réalité, « vise les Maghrébins, francophones, intégrés avant la lettre, ayant bénéficié de l’école républicaine, imbibés dès leur enfance d’un idéal d’égalité à la française, malgré les séquelles de la colonisation ».
Soheib Bencheikh se défend toutefois de présenter une candidature « maghrébine ou musulmane » : elle est, insiste-t-il, « citoyenne
et laïque ». Face aux - campagnes de division, il en appelle à « tous les dreyfusards », car, explique-t-il, « Dreyfus a perdu ses droits uniquement parce qu’il portait un nom juif » et « maintenant, le nom patronymique de consonance arabe
devient l’objet de la grande - suspicion ».

Avec, donc, le « rétablissement de l’idéal laïque » pour programme, Bencheikh dit vouloir profiter du débat de 2007 pour « résoudre, de façon raisonnée, le problème de la peur des Français devant l’islam ». S’affirmant déçu par une gauche qu’il juge trop peu « convaincue de son message », le candidat à la candidature reste à ce jour discret sur les soutiens dont il pourrait bénéficier pour s’engager dans la bataille.

Karima Goulmamine

Publié dans Revue de presse

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